Sa voix m'arrache les entrailles, je ne cherche qu'à toucher son visage, son bras tendu sur mon front m'empêche d'avancer. Je m'efforce d'identifier chacun de ses traits qui le trahiraient. En vain. Je dessinais une âme que je ne faisais qu'idéaliser. Je minimise ma patience, je délire. Ses bras sont si loins, je m'immerge dans des eaux profondes, j'abandonne une bataille déjà perdue, juste pour garder la tête froide. Mes jambes s'immobilisent, je crie vengeance, je ne suis pas la seule à en pâtir. Ma faim s'évapore mais je ne suis pas rassasiée. Je compte les secondes où j'ai cru que je tenais ma victoire, je voyais au-délà d'une ligne infranchissable une histoire heureuse, pleine de larmes de joie. Cette distance entre mon bonheur et le sien résonne comme un bruit assourdissant. Je n'entends plus ses accents de velour, ils se font criards. J'arrive à un point où je suis lassée, je marche dans un cercle vicieux. Au final, j'élucide que je ne suis compatible qu'avec moi-même.